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« Un échange de points de vue entre musiciens habitués de l’éclectisme, pour un résultat à la hauteur des attentes : une musique classique, jazz, américaine, européenne …universelle  » Jazz Magazine  

 

-Les dernières nouvelles du Jazz-

Cet album a pris son temps pour sortir et le résultat est probant : ces quatre là se sont rencontrés il y a deux ans pour un projet musical qui confronte comme l’annonce le titre, leurs points de vue et leurs univers. Les liner notes soulignent l’union d’un jazz afro américain ( Uri Caine, aussi féru de musique classique-on se souvient de ses relectures de Mahler, et Jeff Ballard, le partenaire fidèle de Brad Mehldau) avec la fine fleur du jazz européen, le contrebassiste Sébastien Boisseau que l’on ne présente plus et le trompettiste/ bugliste français (Xtet De Bruno Régnier ou Gros Cube d’Alban Darche).
Tous les titres sont du leader composant un bouquet fleuri s’envolant au-dessus de la rythmique impeccable, sur un tapis de notes swinguantes du pianiste. Ecoutez ce « Barocco », une perle aux contours qui n’ont rien d’irrégulier. Une fois encore, on est surpris par la force de la structure, la finesse de détails d’ une architecture musicale qui excelle à exposer variations de style, d’ambiances et de couleurs musicales. Un récital où brille un Vankenhove, mélodique même dans les chuintements vagissants de «Royal Jazz Baby», tendre et lyrique sur « Chorale » dans un dialogue alterné avec le pianiste toujours épatant, si singulier au gré de son inspiration.
Une rêverie charnelle qui ne s’autorise pas cependant trop d’épanchements puisque la rythmique puissante, aux aguets, intervient très vite comme dans cette vibrante «Humanity ». C’est en effet à un véritable travail collectif que se livrent ces quatre compagnons et ça joue vraiment dès le premier titre « Mini Street » très entraînant ; le thème de la deuxième composition « Délicatesse » rappelle que le trompettiste sait aussi faire de la musique de film. Le groupe prend force et vigueur dans les échanges aux ruptures tranchantes, et les énergies libérées se déploient avec une cohérence indiscutable. La musique généreusement expansionniste se développe jusqu’au final soigné. Du vrai et bon jazz vif. A suivre et écouter sans modération.

Sophie Chambon

« Magnifique et éclectique album ce quartet … cette dream team transforme ses espaces improvisés à travers des paysages, des connexions, des mélodies et grooves … un échange entre des improvisations contemporaines et de jazz classique. Il trouve des points communs dans un dialogue aux gré des inspirations des mouvements par un jeu complexe dont la technique et les douces courbes musicales affinent une écriture singulière entre ses instruments…la fluidité de ce langage musicale sans effet qui donne un relief plus intime libère une intelligente inspiration à travers ce subtile répertoire. Qui offre une lecture ambitieux du jazz hybride et organique … J’ai adoré l’ense
mble de cet élégant parcours inspiré par la beauté et la pluralité des nombreux échanges «- RADIO REC – ALAIN DUPEUX
« Chacun leur tour les protagonistes sont invités à déclencher de bien belles
éclaboussures auditives , révélant le doigté très expressif de ces 4 talentueux complices .
Unis par une même obsession de perfection ils n’ont, aucun mal à nous convaincre de la
qualité de cet opus même si nous pouvons néanmoins regretter un léger déficit d’exposition de la
partie rythmique. Mais cela n’altère en rien la finesse d’expression suintant de ces compositions. 
Il nous est cependant apparu difficile de désigner nos titres préférés puisque cet album joue
adroitement la carte d’une homogénéité élégamment aboutie. – CELTIC FM – BREZHONEG RAOK –Daniel
« Ces quatre-là s’entendent à merveille » – Jazzmagazine
« … beaucoup de temps forts – un duo piano / trompette d’une extrême beauté, solos d’Uri Caine, Sébastien Boisseau et Jeff Ballard confirmant le niveau international du quatuor » – JazzArournd
La Presse a aimé : Philippe Méziat, Jazz Magazine Jazzman, juillet/août 2010 n°616
Jazz Magazine Jazzman, juillet/août 2010 n°616
Philippe Méziat
L’irrésistible ascension d’Alain Vankenhove passe par ce disque, qui offre enfin la possibilité d’écouter et de réécouter un quartette fondé en 2006, et qui a donc su attendre une certaine maturité pour nous livrer son premier opus.
On aime cette musique qui circule entre rêveries de la matière liquide et front brûlant du ciment, de la pierre, et d’une résistance qu’on dit aujourd’hui « urbaine ».
Trompettiste et bugliste plus orienté vers une manière qui rappellerait davantage Kenny Wheeler ou Dave Douglas que Miles Davis – voilà pour écarter une référence trop souvent obligée – Vankenhove plane volontiers au-dessus de sa superbe rythmique, profitant de ce qu’elle tourne superbement entre rythmes décalés et superposés à plaisir, et infinitésimales petites touches colorées.
On pense à ce qui nous est venu parfois du nord de l’Europe dans le genre, on se laisse porter par la double exigence de l’urgence et de la paresse, en attendant des jours meilleurs pour prendre la décision d’intervenir. Une des fonctions de l’art, de poser des questions, d’y apporter des réponses qui ne valent que pour un seul, et pour un jour.
Inutile de souligner la convergence des quatre instrumentistes ici en jeu, dont on sait qu’ils sont aujourd’hui à la croisée de presque tout ce qui se fait en France en matière de jazz inventif. 
Philippe Méziat
Alain Vankenhove était surtout connu jusqu’ici pour ses participations aux ensembles de Bruno Régnier (X’Tet) ou Alban Darche (Le Gros Cube). Il fut également membre de l’ONJ entre 2000 et 2002 sous la direction de Paolo Damiani.
On le retrouve ici à la tête de son propre quartet, créé en 2006, donc dans une formule beaucoup plus intimiste. Beyond Mountains dessine un portrait musical du trompettiste, à travers une musique urbaine ouverte à toutes sortes d’influences. Les titres appellent au voyage, à la découverte, jouent sur les petits détails qui restent en mémoire, comme un calepin qu’on ouvrirait une fois rentré au bercail. Bande-son du monde contemporain, avec ses errances, ses emportements, Beyond Mountains se balade entre groove moite (« Sentiment d’Elles »), poésie (« Lettre à… ») et explosion électrique déjantée (« Abus de pouvoir »).
La trompette semble flotter au-dessus du trio Echampard/Lehr/Moussay dans une complémentarité air/terre enrichissante. Avec sa sonorité chaude, légèrement voilée, elle habite la musique de Vankenhove, loin de tout académisme, en démontrant une culture protéiforme utilisée avec, serait-on tenté de dire, une grande pudeur.
Au cours de ce voyage, le quartet jette une oreille du côté de Don Cherry et Ed Blackwell (« Under Snow »), frappe à la porte de Medeski, Martin & Woods (« NYC », avec mention spéciale à B. Moussay), et mêle avec bonheur les influences du rock, du jazz ou de l’électronique. Les compositions du leader sont de petites merveilles qui explorent nombre de directions sans pour autant s’éparpiller car elles se suivent et se complètent intelligemment.
Superbement entouré (stupéfiant Jean-Luc Lehr), Alain Vankenhove livre une œuvre personnelle où l’on sent tout de même un vécu commun tant le plaisir de jouer est évident au sein du groupe. Une vraie réussite et une excellente surprise que ce premier album en leader.
par Julien Gros-Burdet // Publié le 5 juillet 2010
Mozaïc Jazz
Pour son premier effort en tant que leader, le trompettiste Alain Vankenhove, que l’on a pu entendre, entre autres, aux côtés de Christophe Marguet (« Reflections »), Sébastien Texier (« Chimères ») ou Marc Ducret (« Qui Parle ? ») a choisi de confronter la sonorité organique, charnelle de sa trompette à un environnement anthracite et urbain où se mélangent matières lisses et rugueuses.
Le contraste né de la juxtaposition des courbes du soufflant et des lignes et cassures anguleuses des musiciens qui l’accompagnent donnent à « Beyond Mountains » une esthétique propre. Le chant du cuivre se détache comme une couleur vive sur une toile en niveaux de gris, comme un arbre en fleur au milieu des tours de verre et de l’asphalte.
Le travail d’architecture est remarquable, avec son lot de trompe l’oreille, comme ce jeu d’accélération./ décélération du rythme sur « Sentiment D’elles », morceau dans lequel Eric Echampard joue avec le tempo comme un gamin lassé de la monotonie d’une course régulière qui préfère trottiner sur place pour prendre un peu de retard, puis courir pour le rattraper, prendre un peu d’avance et se remettre à trottiner, insolence réservée à ceux que les capacités dispensent de toute sagesse.
Il trouve en Jean-Luc Lehr un interlocuteur idéal pour développer des rythmiques puissantes et syncopées. Le batteur et le bassiste étonnent par la justesse de leur placement et leur propension à complexifier le squelette pulsatif. Jazz, Rock, Funk, Fusion, Drum & Bass, tout passe à la moulinette pour un rendu moderne et tranchant qui participe largement à l’identité sonore du projet.
Benjamin Moussay, très présent en ce moment (Au sein du Sounds Quartet de Marc Buronfosse, du « Spoonbox » de Claudia Solal, des « Skyriders » de Laurent Robin ou encore avec son propre trio, dont le nouvel album ne devrait pas tarder), s’attache ici à travailler la pâte sonore, en l’occurrence du métal liquide brûlant qui se répand dans les compositions, s’infiltre au cœur de la rythmique, coule le long des mélodies, s’étale sur le silence.
Dans cet environnement, les mélodies du trompettiste trouvent matière à prendre de l’altitude, comme sur « Ideal City », où la montée en puissance du quartet nous donne l’impression de voir sortir de terre une cité aux édifices vertigineux.
Mozaïc Jazz- olivier

 

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